Prévention
Puces du chien et du chat : reconnaître, traiter, prévenir

Ça ressemble à quoi ?
L’adulte fait 2 à 3 mm de long, est brun noir, se déplace très rapidement, et saute jusqu’à 30 cm de haut. Ceci lui permet de vous piquer aux mollets ! Si vous constatez des piqures (ressemblant à celles d’un moustique) sur des parties plus hautes de votre corps, c’est que l’insecte était présent dans les coussins du fauteuil… ou dans votre lit !
En effet, une fois adulte, la puce n’a qu’un seul objectif : piquer pour se nourrir de sang. Et s’il n’y a pas de chat ou de chien à sa disposition, elle s’en prendra à vous.
Sur l’animal, il est difficile de voir l’insecte, tant il se cache vite quand vous écartez les poils. Par contre, vous pouvez observer facilement les déjections en forme de petits grains brun foncé. Cela ressemble assez à de la poussière mais, quand vous les disposez sur une feuille d’essuie tout humide, vous constatez l’apparition d’un reflet rouge. Ces crottes sont composées essentiellement de sang séché !
Une fois rassasié, l’adulte pond des œufs. Ceux-ci se retrouvent surtout dans les zones de couchage des animaux parasités et ont l’aspect de petits grains blancs.
Comment s’en débarrasser ?
Le cycle de vie de la puce comprend plusieurs stades dont certains sont presque insensibles aux insecticides. La durée totale de ce cycle peut varier de 2 semaines à presque 6 mois !
De ce fait, pour en venir à bout, il faut agir méthodiquement et longtemps. Sachez qu’une puce peut pondre à elle seule 500 œufs. Il ne sert donc à rien de traiter Médor tous les mois si vous laissez courir Minou dehors sans protection car il rentre juste pour manger et puis s’en retourne barouder ! De même, il est illusoire d’espérer s’en sortir en les exterminant toutes une à une à l’aide d’un peigne à puces.
Pour toutes ces raisons encore, mieux vaut prévenir que guérir ! Une pipette, un comprimé ou un collier, renouvelé au rythme indiqué pour chaque produit (si vous êtes certains de ne pas oublier de le changer à temps), est indispensable !
Bien sûr, il existe tant de médicaments qu’il est bien difficile de s’y retrouver ! Voici une règle fondamentale : n’achetez les antiparasitaires qu’en pharmacie ou chez votre vétérinaire ! Certaines animaleries ou grandes surfaces vendent aussi des produits contre les puces, les vers… Plus ou moins fumeuses, ces solutions vous reviendront souvent au même prix, mais avec la sécurité et l’efficacité en moins ! On a vu en promotion des colliers contenant de la perméthrine en vente pour les chats dans des Hard Discounts ! Sachant que cette substance est hautement toxique pour eux (elle touche le système nerveux et peut entraîner la mort), elle est totalement à proscrire… et pourtant en vente libre !
En fonction de votre compagnon, de son poids et de ses habitudes de vie, l’approche thérapeutique sera différente. Un chat qui ne sort pas du tout et est le seul animal de la maison court peu de risques : un traitement continu n’est souvent pas nécessaire, mais restez attentif, car des puces peuvent aussi arriver par vos vêtements ou un visiteur à quatre pattes. Par contre, un chat qui vit essentiellement dehors, entouré de « copains », doit être protégé toute l’année ! En effet, les « copains » ramènent leurs puces à la maison, bien au chaud tout l’hiver :-). Si votre chien a tendance à récolter des tiques facilement, préférez un produit qui prévient les puces et les tiques.
Il existe aujourd’hui des pipettes, des comprimés et des colliers, dont beaucoup protègent aussi contre les tiques. Parmi les molécules les plus utilisées :
- Fipronil, souvent associé au S-méthoprène, qui agit aussi sur les œufs et les larves : puces et tiques.
- Imidaclopride : puces ; associé à la moxidectine, il agit aussi sur certains vers et acariens (mais pas sur les ténias).
- Sélamectine : puces, certains acariens et certains vers (mais pas les ténias).
- Une famille plus récente, les isoxazolines (afoxolaner, fluralaner, lotilaner, sarolaner), en comprimés ou en pipettes : puces et tiques, avec une durée d’action qui varie selon le produit.
- Perméthrine : chiens uniquement — elle est très toxique pour les chats.
Vous trouverez souvent un générique, aussi sûr et efficace, mais moins cher que son homologue célèbre. Votre vétérinaire vous aide à choisir le produit adapté à votre animal et à son mode de vie.
Ce que vous ne savez peut-être pas
Les puces ne sont pas seulement responsables des piqures et des démangeaisons. Elles font bien plus que ça ! Saviez-vous que les puces sont elles-mêmes « parasitées » ? Elles peuvent véhiculer toute une population d’indésirables, dont les vers dipylidiums. C’est une sorte de ténia que l’on observe parfois dans les selles ou dans les zones de couchage, mais le plus souvent sur l’anus même de nos compagnons ! Ressemblant à un grain de riz quand il est déshydraté, le ver encore « frais » fait plutôt penser à une mini tagliatelle de 2 à 3 mm de long. Attention à bien utiliser un vermifuge efficace sur les ténias (pas ceux destinés uniquement aux ascaris chez les chiots et chatons ou ceux des pipettes à base de sélamectine ou d’imidaclopride + moxidectine) et répéter le traitement 10 à 15 jours plus tard. Bien sûr, tant que les puces restent présentes, la réinfestation est probable. Procédez donc par étapes ! D’abord éliminer les puces, ensuite les vers !
Les puces peuvent aussi transmettre d’autres agents infectieux, comme les bactéries Bartonella, responsables chez l’humain de la « maladie des griffes du chat » (ESCCAP).